Parfois je me dis que ce qu'il y a de plus terrifiant à quitter son milieu est le fait que oui, la vie là continue sans toi.

C'est comme un peu mourir momentanément dans ton pays pour renaître ailleurs. Car tu quittes dans un moment donné, au milieu d'évènements donnés. Tu quittes pour vivre d'autres choses ailleurs, dans un autre temps, avec d'autres protagonistes, en un autre lieu. Mais la vérité c'est que la vie va suivre son cours aussi et à ton retour ce que tu auras laissé derrière aura évolué aussi...sans toi.

Je vis chaque secondes et je m'amuse, mais parfois je réalise que je redoute mon retour au pays. Je redoute de réaliser que les choses ont tant évoluées que je n'ai plus ma place. Tant évoluées que je n'existe même plus dans la mémoire des gens, de ceux que j'adore, de ceux que je chéri, de celui pour qui je ferai tout.

Ceci met une bémol à mon bonheur, car je réalise que malgré tout je vis pour vous, donc une disparition dans votre esprit mettrai quasiement fin à mon souffle. Car oui, je vous aime, de tout mon coeur.

Je regarde chaque soir les étoiles en attrapant le cancer et je me demande si parfois tu vois les mêmes que moi, si même à 24 heures l'un de l'autre nous pouvons partager ce plaisir qui est nôtre.

Même occupé, même entouré des personnes les plus adorables, il est curieux de constater que même à l'autre bout du monde je pense à vous, je pense à Toi. Tout autant que lorsque j'étais avec vous je rêvais de l'autre bout du monde...

J'ai de la chance tout de même, tout est si beau ici. Et les gens sont si gentils! Il n'y a pas une journée qui n'est pas animée d'une péripétie nouvelle et il me fait plaisir de vivre chacunes d'elles. Mais néanmoins the ghost of you is following me everywhere.

Dans un sens ma vie depuis un mois est si surréaliste que j'ai peine à la comprendre, à la réaliser. J'imagine que c'est ainsi que l'ont se sent lorsque les rêves deviennent réalité. Chaque jour je m'exprime dans un language qui n'est pas le miens et je vis une vie différente, mais au combien réjouissante. Mais malgré tout je ne le comprends pas, je ne le réalise pas. Encore ce soir j'ai regardé le paysage de mon balcon et à l'instar oũ je lisais les kanjis de la devanture du magasin face à moi je me suis dis encore une fois ''+MAD+, criss, tu es au Japon.'' et j'ai souris. Car cette vérité impossible est vrai, elle forme mon quotidien désormais. Mais malgré tout je ne comprends pas ce qu'elle signifie.

Le campus oũ je suis éduqué pour l'instant est magnifique et bien que calme la banlieue oũ je vis l'est aussi. J'adore y prendre de longues marches au milieu de la nuit et constater toute cette nouveauté, même après quasiement 3 mois de vie. J'aime croquer avec vigueur dans le riz et le poisson que l'on me sert tout autant que de boire ce thé qui dans mon verre est versé.

Ma fois, il est si dur de décrire ce que je vis, sinon que de dire que je vis entre deux mondes.

C'est réjouissant, intéressant, mais troublant.

Et dans cette brume harmonieuse, c'est l'écho de ta voix et de cette mélodie lointaine qui me guide tu sais.<3